Les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson

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Les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson

Message par Mimi le 08/02/18, 07:08 pm

source : https://gp29.net/?p=121
Les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson
Publié le 07 mai 2006 à 10:59
LE PARKINSONIEN INDEPENDANT
N°24 – mars 2006
Les symp­tômes non moteurs de la mala­die de Parkin­son

Consé­quences au quoti­dien

La plupart des Parkin­so­niens rece­vant un trai­te­ment par L-​Dopa déve­loppent des compli­ca­tions
motrices (CM) qu’ils connaissent géné­ra­le­ment bien et qui font l’objet d’une atten­tion parti­cu­lière de la part des neuro­logues. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment : des akiné­sies de fin de dose, des dyski­né­sies des blocages et des phéno­mènes « On/​Off ».
(....)

Les compli­ca­tions non motrices (CNM) sont beau­coup moins recon­nues car le patient ne les relie pas aussi faci­le­ment que les symp­tômes moteurs à sa mala­die de Parkin­son ou à son trai­te­ment et les méde­cins inter­rogent beau­coup moins les patients sur ces aspects non moteurs. En fait, les spécia­listes, à l’hôpital ou en consul­ta­tion, se foca­lisent souvent sur les symp­tômes moteurs et leur trai­te­ment. Les études montrent d’ailleurs que les CNM (compli­ca­tions non motrices) de la mala­die de Parkin­son sont plus suscep­tibles d’être recon­nues au niveau des soins de première ligne c’est à dire par les méde­cins de famille. Les malades et les géné­ra­listes devraient donc être mieux infor­més sur ces CNM pour mieux les recon­naître et voir avec le neuro­logue comment y remé­dier. Tel est le but de cette mise au point.

La fréquence de ces CNM est élevée et à titre d’exemple on souli­gnera que l’étude de Witjas et coll. (2002) montre que 100% des patients inter­ro­gés avaient au moins un type de CNM, c’est dire l’importance du problème pour­tant sous estimé.

Les CNM peuvent être clas­sés en 3 caté­go­ries :

Dysau­to­no­miques (neuro­vé­gé­ta­tifs)
Mentales (cognitives/​psychiatriques)
Sensorielles/​douleurs
Comme on peut le lire, les mani­fes­ta­tions et fluc­tua­tions dysau­to­no­miques les plus fréquentes sont une trans­pi­ra­tion exces­sive (64%), des bouf­fées de rougeur faciale (44%), de la séche­resse de la bouche (44%), de la dyspnée (diffi­cul­tés respi­ra­toires), de la dyspha­gie (diffi­cul­tés pour avaler), et de la consti­pa­tion (40%).

Les mani­fes­ta­tions psychiques les plus fréquentes sont l’anxiété (66%), la fatigue (56%), l’irritabilité (52%), les hallu­ci­na­tions (49%), cepen­dant qu’un ralen­tis­se­ment de la pensée (58%) est la mani­fes­ta­tion cogni­tive (intel­lec­tuelle) la plus souvent décrite.

En ce qui concerne les mani­fes­ta­tions sensi­tives, les plus fréquentes sont l’akathisie (besoin de bouger, de déam­bu­ler) (54%), des sensa­tions de tiraille­ment (42%) et des sensa­tions de pico­te­ment (38%).

Ainsi, l’anxiété est la CNM la plus souvent rappor­tée et elle est asso­ciée préfé­ren­tiel­le­ment à l’état « Off » c’est à dire de blocage. Comme beau­coup l’ont noté, l’anxiété et les fluc­tua­tions de l’humeur (tris­tesse, senti­ment de lassi­tude, dépres­sion) peuvent être plus inva­li­dantes que les mani­fes­ta­tions motrices de la phase « Off ».

Les deuxièmes CNM les plus impor­tantes sont les trans­pi­ra­tions profuses, c’est à dire qui trempent litté­ra­le­ment les vête­ments. Là encore, elles surviennent souvent dans les épisodes « Off » mais aussi dans les phases dyski­né­tiques.

C’est égale­ment en phase « Off » que le patient se plaint de compli­ca­tions cogni­tives, c’est à dire intel­lec­tuelles.

La fatigue est égale­ment reliée à la phase « Off » et entraîne un lourd handi­cap.

On retien­dra que les mani­fes­ta­tions sensi­tives sont rappor­tées comme les plus inva­li­dantes.

Les CNM sont en géné­ral reliées aux compli­ca­tions motrices (CM) et les deux sont corré­lés à la sévé­rité de la mala­die. Les deux types de compli­ca­tions surviennent donc plus volon­tiers chez les patients ayant déjà une mala­die de Parkin­son évoluée. Le fait que les CNM soient reliées aux CM et qu’elles répondent géné­ra­le­ment bien aux trai­te­ments dopa­mi­ner­giques, suggère que le système dopa­mi­ner­gique peut égale­ment être impli­qué, comme dans les compli­ca­tions motrices, dans la physio­pa­tho­lo­gie des compli­ca­tions non motrices. On sait égale­ment que le système dopa­mi­ner­gique module d’autres systèmes tel que le système séro­to­ni­ner­gique dont le dysfonc­tion­ne­ment pour­rait être respon­sable des fluc­tua­tions d’humeur
et le système adréner­gique dont la pertur­ba­tion pour­rait être respon­sable des fluc­tua­tions dysau­to­no­miques.

Les CNM ne sont pas bien recon­nues ni du malade ni du corps médi­cal, elles sont cepen­dant, aux dires des patients, bien plus inva­li­dantes que les compli­ca­tions motrices. Il y a donc un besoin pres­sant qu’elles soient mieux connues et recon­nues par l’ensemble des inter­ve­nants : malade, entou­rage fami­lial, person­nel médi­cal et para­mé­di­cal… En effet, la non recon­nais­sance des CNM est un facteur d’impact néga­tif très impor­tant sur la qualité de vie des malades et de l’entourage.

Certains symp­tômes comme les hallu­ci­na­tions, les troubles du compor­te­ment… peuvent conduire à une insti­tu­tion­na­li­sa­tion du malade en maison de repos qui pour­rait être évitée si la CNM était recon­nue comme telle.

D’autres symp­tômes comme les diffi­cul­tés respi­ra­toires, gastro-​intestinales ou des douleurs dans la poitrine peuvent conduire à des errances diag­nos­tiques et faire adres­ser le malade dans des services d’urgence dans la crainte d’une mala­die aiguë, cardio-​pulmonaire ou abdo­mi­nale. Des inves­ti­ga­tions et des trai­te­ments inutiles risquent ainsi d’être mis en œuvre alors qu’une simple recon­nais­sance de la problé­ma­tique permet­trait de la résoudre soit en modi­fiant les condi­tions de pres­crip­tion de la L-​Dopa ou par des injec­tions sous cuta­nées d’apomorphine.

Cette non recon­nais­sance des CNM a donc, au final, un coût impor­tant à la fois pour la qualité de vie du patient mais égale­ment pour les finances de la famille ou de la sécu­rité sociale.

« Aide toi et le corps médi­cal t’aidera »

Le malade au fait de l’existence de ces compli­ca­tions non motrices et de leur rela­tion avec la mala­die et/​ou le trai­te­ment pres­crit doit en faire part à son méde­cin géné­ra­liste ou à son neuro­logue. Le ques­tion­naire proposé par Chaud­huri et coll. (2005) est joint à cet article(*), il est rempli par le malade seul ou aidé par l’entourage ou le méde­cin trai­tant, il est ensuite soumis pour évalua­tion au neuro­logue qui propo­sera des mesures correc­trices.

Réfé­rences :

Chaud­huri KR, Yates L, Martibez-​Martin P. The non motor symp­tom complex of Parkinson’s disease : a compre­hen­sive assess­ment is essen­tial. Mov Disord 2005 ; 5:275 – 83
Witjas T, Kaplan E, Azulay JP, Blin O, Ceccaldi M, Pouget J, Poncet M, Ali Chérif A. Non motor fluc­tua­tions in Parkinson’s disease. Frequent and disa­bling. Neuro­logy 2002 ; 59:408 – 13
Source :

« Parkin­son maga­zine », le jour­nal de l’association Parkin­son belge (APk).

D’après un article du Dr M. Gonce – Service univer­si­taire de neuro­lo­gie — CHR de la Cita­delle (Liège) et Service de Neuro­lo­gie Répa­ra­trice Clinique Le Péri (Liège)

(*)Ne pouvant être édité faute de place, le ques­tion­naire sera adressé sur demande des inté­res­sés.

Questionnaire (source : toujours le même site/commentaires https://gp29.net/?p=121 :

Ques­tion­naire proposé par Chaud­huri et coll. (2005)

Les Compli­ca­tions Non Motrices de la mala­die de Parkin­son

Nom : Prénom :
Date de nais­sance : Date

Problèmes non moteurs dans la mala­die de Parkin­son

D’autres problèmes que moteurs peuvent surve­nir dans l’évolution de votre mala­die de Parkin­son ou de son trai­te­ment. Il est impor­tant que votre méde­cin géné­ra­liste et votre neuro­logue soient mis au courant de ces compli­ca­tions, parti­cu­liè­re­ment si elles vous perturbent. Une liste de ces compli­ca­tions est reprise ci-​après, veuillez mettre une croix dans les cases « oui » si vous avez eu cette compli­ca­tion pendant le mois écoulé. Si vous n’avez pas encouru ce problème dans le mois passé, mettez une croix dans la case « non », vous devez égale­ment mettre « non » si vous avez eu ce type de compli­ca­tions dans le passé mais pas dans le dernier mois.

Symp­tômes
non
oui
1.Ecoulement de salive pendant la jour­née

2.Perte ou chan­ge­ment de votre goût ou de votre odorat

3.Difficultés à avaler les aliments et les bois­sons

4.Vomissements et nausées

5.Constipation

6.Incontinence des selles

7.Impression que l’intestin n’est pas vidangé après vous être présenté aux toilettes

8.Besoin pres­sant d’uriner qui vous fait vous préci­pi­ter aux toilettes

9.Levers fréquents pendant la nuit pour uriner

10.Douleurs inex­pli­quées (par exemple non dues à des mala­dies comme l’arthrite)

11.Changement inex­pli­qué de poids (non consé­cu­tif à un chan­ge­ment de régime alimen­taire)

12.Difficultés à se rappe­ler des choses qui se sont passés récem­ment ou oublis de faire certaines choses

13.Manque d’intérêt à ce qui vous entoure ou pour certaines acti­vi­tés

14.Voir entendre des choses qui, vous le savez pour­tant, n’existent pas

15.Difficultés à vous concen­trer

Symp­tômes
non
oui
16.Sensation d’être triste, d’avoir le cafard

17.Sensations d’anxiété, de peur, de panique

18.Désintérêt ou au contraire trop d’intérêt pour le sexe

19.Difficultés d’avoir des rela­tions sexuelles

20.Sensations d’étourdissement, de vertige, de faiblesse lorsque vous passez de la posi­tion assise ou couchée à la posi­tion debout

21.Chutes

22.Difficultés à rester éveillé durant des acti­vi­tés telle que le travail, la conduite auto­mo­bile, les repas

23.Difficultés à vous endor­mir ou à rester endormi la nuit

24.Rêves intenses ou cauche­mars effrayants

25.Agitations motrices ou en paroles dans votre sommeil comme si vous « agis­siez » dans un rêve

26.Sensations désa­gréables dans les jambes la nuit ou lorsque vous êtes au repos avec un besoin de mobi­li­ser les membres infé­rieurs

27. Gonfle­ment des membres infé­rieurs

28. Trans­pi­ra­tion exces­sive

29. Vision double

30. Croyance en des événe­ments qui vous arrivent alors que l’entourage vous dit que ce n’est pas le cas

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